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Vous prenez la tech à l'envers

Ce rapport de ventes coûtait presque un temps plein. Et le vôtre ?

Didier Sampaolo Didier Sampaolo
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La dernière édition date du 25 août. Cette newsletter devait arriver un mardi sur deux. Je vous ai délaissés ces derniers temps, et je m'en excuse.

Pendant ce temps, j'ai produit ailleurs :

  • Sur la chaîne YouTube de l'agence, on publie des démos techniques vulgarisées. Vous voyez les outils tourner sur des cas réels.
  • On a lancé un podcast, « La tech à l'endroit ». Le nom répond au titre de cette édition. Le premier épisode est sorti le 11 octobre. Il est publié sur les plateformes de podcasts principales, mais n'hésitez pas à me dire si celle que vous préférez manque à l'appel.
  • J'ai enchaîné plusieurs événements en live : la Wax et ses conférences techniques, le Forum des Entrepreneurs 2026, et la pose de la première pierre du campus Theodora à Marseille.

Cette édition reprend le premier épisode du podcast. Il dure 15 minutes si vous préférez l'écouter.

Le rapport qui coûte un temps plein

Un de nos prospects gère plusieurs boutiques. Chaque semaine, la direction reçoit un rapport de ventes : le chiffre de chaque boutique et le résultat des promos. Voici comment il est fabriqué. Les responsables de boutique impriment les tickets de caisse. Ils les scannent et les envoient par mail. Une personne les ressaisit dans un logiciel. La directrice administrative les reprend dans un autre module du même logiciel. Elle en tire des camemberts, les colle dans des slides et présente le tout au dirigeant.

Ça fonctionne. Chaque personne de la chaîne y passe environ une demi-journée, chaque jour. Mis bout à bout, ce rapport coûte presque un équivalent temps plein. Les caisses ont peut-être une API, un branchement qui permet à un logiciel de lire les données d'un autre. Les chiffres remonteraient seuls. Les graphiques et les slides se génèrent sans difficulté. Le dirigeant aurait des chiffres à jour, en temps réel, pour un coût quasi nul.

La tech sert à outiller vos décisions

Pour vos salariés, la tech sert à gagner du temps. Pour vous, dirigeant, elle a un autre rôle : outiller vos décisions. Ça se joue dans deux sens.

Vers le haut, des chiffres fiables

C'est le reporting. Le rapport de ventes en est l'exemple type. Demandez-vous depuis quand personne n'a regardé comment vos chiffres sont produits.

Vers le bas, une vision partagée

Là, comme souvent, ce n'est pas qu'une question de technologie. Le code, c'est la partie facile. La techno aidera vos équipes à concrétiser votre vision (rien que ça).

La question est simple : où voulez-vous emmener votre entreprise dans deux ans, dans cinq ans ?

Prenez un garage de six salariés. Si le patron veut devenir expert en restauration de vieilles Citroën, ses process comptent sans être vitaux. S'il veut monter une franchise de 15 garages, sa méthode devient son produit : c'est elle qu'il vend aux franchisés. Elle doit être écrite, comprise, et optimisée. Les deux garages ne prendront pas les mêmes décisions.

Tant que votre vision reste floue, ou coincée dans votre tête, vos équipes ne peuvent pas avancer dans le même sens. Elles exécutent sans savoir pourquoi. Gallup le mesure chaque année : en France, 7 % des salariés se disent engagés dans leur travail, et 16 % activement désengagés. Sur une équipe de 20, ça fait un salarié moteur pour trois qui freinent.

Partir du terrain avant de changer d'outil

Sur ces sujets, le dirigeant est souvent seul. Ses interlocuteurs tech sont surtout des commerciaux d'éditeurs de logiciels. Un commercial vend des marteaux : il a intérêt à ce que vos problèmes ressemblent à des clous. Vous signez, et vous récupérez un outil de plus, mal connecté aux autres, avec une couche de fichiers Excel par-dessus pour faire le lien.

Avant de signer pour un ERP à 100 000 €, regardez comment le travail se fait en vrai. En formation, on fait souvent cet exercice. On demande au dirigeant si ses process sont carrés et connus de tous. Il répond oui. On demande à la salle qui connaît les process : tout le monde lève la main. Puis on demande de garder la main levée à ceux qui doivent les tordre pour que le travail se fasse. Environ 80 % des mains restent en l'air.

Celui qui sait, c'est celui qui fait. Chez Toyota, les managers pratiquent le gemba walk : ils vont dans l'atelier et observent les postes de travail. Une boîte de vis posée du mauvais côté oblige l'opérateur à croiser les bras toute la journée. Malgré toute la bonne volonté du monde, ce n'est pas un problème qui remontera dans un ERP.

Si votre parc logiciel ressemble à un empilement, n'en ayez pas honte. Il prouve que vous avez essayé de bien faire. On fait l'état des lieux à froid, et on corrige à partir du terrain.

L'IA, c'est le moteur qu'on pose en dernier

Beaucoup de dirigeants nous appellent en disant "je veux mettre de l'IA". Quand on creuse, le problème est souvent ailleurs. Une équipe qui veut remplacer ses fichiers Excel par de l'IA a parfois juste besoin de former trois personnes à Excel.

L'IA est d'ailleurs déjà chez vous. Vos salariés utilisent ChatGPT dans leur coin, avec des données parfois confidentielles et sans aucune règle. On appelle ça le shadow AI.

Une entreprise, c'est un bateau (et même, souvent, une galère). D'abord, on s'assure que tout le monde a compris ce qu'on attend de lui. Ensuite, on s'assure qu'ils rament en rythme. Ensuite seulement, on installe un moteur pour ramer moins fort.

##Le test : tirez le fil d'un chiffre

Prenez un chiffre que vous regardez chaque semaine. Remontez sa fabrication jusqu'à la source. Posez trois questions :

  1. Combien de personnes le touchent avant qu'il arrive chez vous ?
  2. Combien d'heures par semaine y passent-elles au total ?
  3. Où est-il ressaisi à la main ?

Mettez ces heures dans notre calculateur de coût de tâche manuelle. Vous saurez ce que vous coûte ce chiffre, et par où commencer. Attention, l'outil ne prend pas en compte l'épuisement qui va avec cette tâche répétitive et à très faible valeur ajoutée (versus la même tâche réalisée par une machine).

L'épisode complet est ici : À quoi sert un DSI dans une PME ? Il est aussi disponible sur Spotify, Apple Podcasts et Deezer.

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