Stack technique et flux de données

Didier Sampaolo

On commence par une bonne nouvelle : l'Agence LVLUP est officiellement référencée comme "Activateur France Num". On vous en dit plus ici.

Le concept de la semaine : la "stack" technique

En anglais, une "stack", c'est un empilement. Votre stack technique, c'est la liste de tous les logiciels que vous utilisez.

Le problème, c'est qu'empêcher sa stack de grossir inutilement, c'est toute une discipline.

  • Un CRM (pour la relation client),
  • un WMS (pour gérer l'entrepôt),
  • PennyLane pour la compta,
  • Silae pour la paie,
  • Monday pour les plannings,
  • Mailjet ou Brevo pour les envois d'emails,
  • Canva Pro, auquel Stéphane n'est abonné il y a deux ans pour faire trois affiches,
  • sans oublier Excel, ce logiciel du diable, qui sert à pallier les manques de tous les autres, et produire des camemberts en couleur pour la réu du lundi matin.

Bref, vous l'avez compris : non seulement une une stack, ça grossit vite, mais en plus ça revient vite cher.

Circulation de la data

Imaginez vos logiciels comme des cuves d'eau. Idéalement, ils devraient être reliés, comme avec des tuyaux, qui laissent circuler les données. S'il n'y a pas de tuyau, on est bon pour porter des seaux à la main.

À faire cette semaine

Inventoriez votre stack technique : quels logiciels ?

Pour être exhaustifs, il faudrait aussi lister les logiciels que vos employés utilisent dans votre dos (coucou ChatGPT).

Ouvrez vos relevés bancaires de ces trois derniers mois : c'est le seul endroit où vous verrez les abonnements oubliés et le shadow IT. Regardez aussi dans votre gestionnaire de mots de passe (vous avez bien un gestionnaire de mots de passe, n'est-ce pas ?)

Construisez un tableau, une ligne par logiciel, avec quatre colonnes : à quoi il sert, qui s'en sert vraiment, son coût mensuel, et la date du prochain renouvellement.

Comment on améliore la situation ?

L'objectif est d'y voir clair pour préparer le terrain. On ne coupe rien dans la précipitation.

  • Débusquez les abonnements fantômes : Pour chaque ligne, une question : qui s'en sert, et pour quoi faire ? Vous trouverez des outils payés par habitude, des doublons, des licences pour des salariés qui ne sont plus là. Annulez, ou regroupez quand plusieurs outils font le même travail.
  • Dessinez la circulation de la donnée : Sur une feuille de papier, ça ira très bien. Un rond par logiciel, une flèche chaque fois qu'une information passe de l'un à l'autre. Repérez les flèches qui transitent par un humain : ce sont vos tuyaux manquants, et vos premiers chantiers d'automatisation.
  • Notez les connecteurs de chaque outil : Sait-il dialoguer avec les autres ? Via une API (une prise standardisée par laquelle deux logiciels échangent des données sans intervention humaine) ? Des webhooks (un outil qui en prévient automatiquement un autre dès qu'un événement se produit) ? À défaut, un simple import/export de fichiers : le mode dégradé, manuel, mais déjà mieux que la ressaisie.

Pour aller plus loin

Cette colonne "connecteurs", c'est le vrai trésor. Elle dit ce qui est automatisable aujourd'hui, et à quel prix.

Deux outils dotés d'une bonne API se relient proprement et durablement. Un outil qui n'offre qu'un export CSV demandera plus de bricolage, mais reste jouable. Un logiciel fermé, sans aucune porte d'entrée, devient un signal : l'heure d'en changer approche peut-être.

Les experts appellent ce travail l'urbanisation du système d'information : organiser ses outils et ses flux comme on planifie une ville, pour que tout circule sans embouteillage. Quand on lance un diagnostic chez un client, c'est précisément là qu'on commence, avec une cartographie complète des flux et des points de friction.

Si en remplissant votre tableau vous découvrez dix flèches qui passent par un humain, ne paniquez pas. Vous venez de transformer un agacement diffus en feuille de route. Et une feuille de route, c'est déjà la moitié du chemin vers l'automatisation.

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