
Du grand n’importe quoi ?
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Fuel est connu pour une chose, et Codemasters a d’ailleurs axé une grande partie de sa communication là dessus : la démesure. Le jeu peut se targuer d’avoir la plus grande aire de jeu jouable sur console, et sans chargement ! Je reviendrais d’ailleurs plus tard sur ce dernier point. Fuel nous propose donc une aire de jeu de 14.400 km2, soit l’équivalent des Bahamas ou de l’île de France, ou bien le double des îles Canaries. Rien que ça. Toute cette surface se découpe en plusieurs zones aux environnements distincts, et bien sûr, comme il est maintenant très courant, c’est une zone complètement ouverte. Vous pouvez, si vous le souhaitez, traverser la carte à fond de balle, ce qui vous prendra à peu près 2h30… D’ailleurs vous verrez le jour et la météo évoluer en temps (presque) réel. Mais heureusement, vous n’êtes pas obligé de rouler pour aller chercher vos courses, puisqu’elles sont accessibles depuis un menu propre à la région où vous vous trouvez.
Le studio français Asobo a intégré dans cette immense aire de jeu pas moins de 190 défis, 72 courses, et pleins d’objets cachés à trouver, comme dans un jeu d’aventure ! Des skins pour vos véhicules, des points de vue, et surtout du fuel. Des barils sont disséminés sur toute la carte, et pour cause, ils représentent la monnaie du jeu !

Dans un monde ravagé par les changements climatiques, qui font forcément penser à des décors comme ceux du film La Route de John Hillcoat, une énorme pénurie de pétrole vous oblige à courir entre fous du volant pour gagner le précieux combustible. Pour gagner ce fameux fuel, vous avez donc une multitude de courses et de défis, qui promettent des dizaines et des dizaines d’heures de jeu ! Vos victoires débloquent également des étoiles de prestige, permettant d’accéder aux zones suivantes de l’aire de jeu (une seule est accessible au début). Pour s’y retrouver, un GPS plutôt bien fait s’offre à vous : un parcours en pointillé devance votre véhicule et se met à jour en temps réel… Il n’y a plus qu’à suivre (sauf quand il perd la boule) ! Notez qu’il est possible de désactiver tout le HUD, GPS compris, grâce à une seule touche, pour profiter pleinement des environnements.
Le jeu souffre cependant d’un gros souci : effectivement la carte est énorme, mais vraiment énormément, mais énormément… vide… Le gimik de ce jeu pourrait être : « Toujours plus grand, plus loin, plus haut» , mais malheureusement c’est sans réel intérêt pour le joueur !
Pour être honnête, à part pour l’argument commercial, je ne vois pas l’intérêt de ce gigantisme. Et ce ne sont pas les fameux skins et les barils disséminés dans la map qui vont dire le contraire : en effet « le fuel» (monnaie du jeu) est véritablement malmené par une courbe de progression de jeu bien mal pensée. Vous ne pouvez jamais profiter de votre monnaie virtuelle, vous passez votre temps à en gagner pour être obligé de la dépenser deux minutes plus tard, car vous devez impérativement acheter un autre véhicule pour participer à la course suivante… Jamais vous ne pourrez économiser pour vous faire plaisir sur un skin ou un upgrade. Non, les développeurs ne vous laissent pas le choix : à chaque course gagnée, ils vous donnent à peine de quoi aller à la suivante, cela génère une vraie frustration et une sensation d’inutilité totale de la monnaie…
C’est la même chose que de donner à un enfant une sucette pour lui reprendre avant même qu’il ait enlevé le papier pour la déguster, tout en lui disant : « c’est pas bon pour tes dents !» …
Quant aux skins, on retrouve vingt fois le même graphisme avec des couleurs différentes, un éditeur est tellement simple à implémenter de nos jours, surtout si c’est juste pour changer des couleurs… Ils deviennent donc gadgets et pas franchement gratifiants. D’où un vrai souci de rétribution pour le joueur : le principe bien connu du « tu réussis/tu gagnes quelque chose» est vraiment biaisé et on perd l’attrait du jeu par la même occasion.
Montre-moi ta grosse moto
Le jeu est relativement facile au début, ce qui permet d’évoluer rapidement sur un quart de la carte, et de posséder toutes sortes de véhicules facilement : moto-cross, moto de route, camion, quad, buggy, monster-truck, … En même temps, comme le dit Phae, on nous force un peu la main pour les acquérir. Les véhicules sont assez délirants, au design plutôt barré, ce qui n’est pas sans ajouter une pointe d’humour dans ces décors désolés. Il y a plus de 70 véhicules différents, et si certains ne coûtent pas grand chose, il faut vite gagner des litres de fuel pour se payer le véhicule du niveau supérieur, sinon c’est la défaite assurée. Car ici, il ne s’agit pas d’être dans les cinq ou trois premiers, mais premier, sous peine d’être éliminé ! Et le problème, c’est qu’avec la difficulté la plus élevée, sans le véhicule haut de gamme (qui coûte beaucoup plus cher que celui de base, pour finalement peu de différence), il est quasiment impossible de gagner, et ce pour plusieurs raisons.
D’abord parce que les collisions sont plus qu’approximatives, et qu’on percute des objets ou véhicules alors qu’on est à un mètre de ceux-ci. Très souvent, se prendre un arbre ou faire un tête à queue à cause d’une poussette de l’ennemi est quasi éliminatoire. Ensuite parce que l’IA adopte une attitude type Mario Kart. En gros, si vous êtes dernier, les adversaires vous attendent un peu, et si vous êtes en avance, ils vous rattrapent. Au delà du fait que je trouve ce système inadapté à ce genre de jeu où il faut arriver premier (dans Mario Kart, on s’en fout, le tout est de s’amuser à plusieurs), le résultat des courses est souvent injuste et frustrant. Vous êtes dernier ? Tout le monde va ralentir discrètement, vous allez remonter en flèche au dernier tour, mais… dans les dernières centaines de mètres… le premier va accélérer à nouveau, et empocher la victoire. Résultat ? Il faut recommencer, puisque seule la première place importe pour remporter gains et étoiles. Le problème, vraiment, c’est que ça arrive tout le temps…
Clairement la physique des véhicules peut aussi être mise en cause : on a la désagréable impression que chaque type de véhicule ne roule bien que sur un type particulier de route. Par exemple, votre voiture prévue pour l’asphalte va se transformer en vraie trottinette dès qu’une de vos roues touchera le bas côté… Ce qui donne parfois un gameplay incompréhensible : genre votre moto cross va patiner et ralentir sur la route ! Vraiment désagréable et surtout hyper frustrant. Alors plutôt que de profiter de la superbe étendue de la map vous resterez bien sagement sur la « route» toute tracée où votre véhicule roulera le mieux…
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J’ai eu exactement les même impressions, des temps de chargement inteeeeerminable (c’est d’ailleurs le premier jeux que j’ai installé sur la xbox en espérant que cela améliore ce problème) Si bien que j’ai du m’arrêter à la 2° ou 3° zone.
vraiment dommage, ce jeu aurait pu avoir pas mal de potentiel aux vues des véhicules proposés.
« N’acquérez pas ce jeu pour son mode multijoueur !»
Tout est dit ! :D
Il est clair que Fuel souffre de pas mal d’approximation de gameplay, erreur de jeunesse ou manque de temps, le studio Asobo fait clairement montre d’une grande volonté et de grande ambition. Espérons qu’ils puissent corriger le tir dans un nouveau exempt de tous ces défauts qui coutent tant à Fuel.
Du potentiel et de l’envie, gageons qu’Asobo puisse nous sortir un titre qui décoiffe. Et qu’en tirant les leçons de leur erreurs, ils nous gratifient d’un nouveau contenu vidéoludique sui ROCKKKSSSSS !!!!