Marketing alternatif et jeux vidéo

Prends un peu de pub, c'est de la bonne !

Publié le 16/12/2009 | Par Kaham & Phae | Catégorie : Dossiers

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Vers l’infini et au-delà

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kaham_noir_27Pour rester chez Microsoft, la firme américaine avait publié pour le premier avril une vidéo qui ne sert à rien, mais qui fait bien rire, ou comment faire de la pub pour sa console sans même présenter un vrai jeu. Il s’agissait d’une parodie des Guitar Hero, mais avec une corne des Alpes. Juste hilarant, tellement Alpine Legend est fait avec sérieux. J’aurais pourtant aimé voir cette vidéo à la télé, pour ainsi toucher un nouveau public, relativement facile à conquérir avec ce genre de pub parodique. Alors qu’une pub très classique montrant les images d’un jeu cible des joueurs, ce genre de pub permet de toucher un plus large public, j’ai nommé les casual gamers.

phae_bleu_23C’est exactement le même principe que les Lipdub dans les agences de pub. Vous savez lorsque toute la boite se met à chanter sur les paroles d’une chanson, et qu’on suit la caméra à travers toute la société… Et bien ce n’est pas gratuit, la marque se rappelle à votre bon souvenir. En effet le consommateur oublie vite les choses et se rappeler à lui de façon apparemment anodine, c’est toujours bon ! Efficace et simple, c’est aussi une « vulgarisation » de la marque. Communiquer avec ses clients en leur montrant qu’on « déconne aussi comme eux » rapproche l’image d’une marque de sa clientèle.

Ça donne un côté humain à une marque et c’est un atout commercial énorme ! Sans compter que le plaisir de découvrir qu’une société peut communiquer avec vous pour autre chose que vous vendre un produit, vous met plus enclin à accepter la prochaine offre marketing…

Qui ne s’est jamais désinscrit d’une newsletter car la société en question vous harcèle de mails pour vous vendre tout et n’importe quoi ? A contrario, qui n’est pas content de recevoir une petite carte de fin d’année qui vous souhaite « une bonne et heureuse année » de la part de cette même société?

Bref le marketing est prévu sur le long terme, et ils pensent à tout ! Ce qui peut paraitre anodin, voire inutile, s’intègre dans un plan marketing global pensé et « bien pensé » pour vous toucher sur le long terme et faire de vous un consommateur assidu, voir un futur consommateur. Marketing quand tu nous tiens !

Quand c’est trop, c’est trop !

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leparrain2_poing_americanParfois, même les éditeurs vont trop loin. Pour la sortie du jeu Le Parrain 2, Electronic Arts avait envoyé aux journalistes un poing américain grandeur nature et fonctionnel, ce qui est interdit dans de nombreux états des États-Unis. L’éditeur a dû demandé de renvoyer ces armes, sous peine d’être hors-la-loi, voire trafiquant d’armes !

Là c’est une faute de marketing grave, je ne sais pas comment cela peut encore arriver de nos jours, normalement ce type de coup marketing est prévu bien en amont et est surtout hyper sécurisé. Preuve par trois que ce n’est pas toujours le cas. ^^

austin_zombiesMieux encore. Le marketing va parfois tellement loin, et le consommateur est tellement habitué à des opérations originales, qu’on cherche parfois la petite bête là où elle n’est pas.
Aux États-Unis, à Austin, un évènement assez improbable s’est produit et a fait buzzer tous les sites de jeux vidéo. Capcom avait apparemment utilisé les panneaux de signalisation autoroutiers pour y passer des messages pour la promotion de Resident Evil 5 : « Attention, Zombies droit devant ! Sauvez-vous ! »

Interrogé par Kotaku, Capcom Tokyo a nié avoir organisé ce genre d’opération. Un peu plus tard, on pouvait découvrir sur la télévision locale qu’il s’agissait en fait de petits pirates qui avaient réussi à intégrer leurs propres messages dans les panneaux de signalisation.
Excellent !!! Je n’avais pas été au courant de ce coup marketing !!!
Mais monsieur, puisqu’on vous dit que c’est un canular !

Fais pas ta pub !

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Cependant, beaucoup de monde n’a pas dû faire le rapprochement entre ces messages de zombies, et le jeu vidéo de Capcom. Pas plus que les bouteilles de Rapture et Bioshock.
Même chose pour les chasses aux trésors, qui n’impliquent à priori que des joueurs. Ce genre d’opération tient ainsi plus du fan service, afin de créer un buzz médiatique à l’intérieur de la communauté de joueurs, mais l’impact semble assez minime, le but étant simplement de garder une marque à l’esprit des joueurs, ou de raviver l’intérêt qui peut avoir disparu après une longue attente ou un épisode décevant.

Pour ma part, il est clair que le cross media devient un impératif du monde du jeu vidéo, devenant un loisir multi-médias qui commence à toucher toutes les strates de consommateurs. Il serait mal venu de la part des développeurs et éditeurs de passer à côté de cette manne de non-joueurs qui reste encore à conquérir. L’inclinaison que prennent Ankama, ou plus récemment Ubisoft, ou bien encore EA, tend à me donner raison, et je pense sincèrement que l’avenir de la communication vidéoludique va tendre de plus en plus vers cela !

Tout ce que j’espère c’est que ces considérations marketing ne vont pas rendre les jeux moins bons, et qu’on essaie pas de masquer leurs défauts avec de la com à gaver… N’oublions pas que s’il y a eu une crise du jeu vidéo en 1983, c’est parce que les développeurs mettaient tout l’argent dans le marketing, et n’avaient plus de sous pour faire des jeux avec un contenu intéressant, sans compter qu’il fallait bien rentabiliser l’investissement et donc vendre ces fameux softs à prix d’or… Messieurs, si vous m’entendez, un grand homme a dit un jour : « il faut savoir apprendre du passé pour construire le futur ! » N’oublions jamais cela…

Mais les grands enjeux se jouent bien évidemment dans le marketing plus classique, même s’il peut parfois prendre des dimensions gargantuesques (l’immeuble de Los Angeles). De plus en plus depuis quelques années, on voit apparaître des publicités télé, papier, ou de rue. La télévision semble cibler les joueurs occasionnels (Nintendo domine largement ce média, même si Microsoft y défend également des jeux comme Lips ou Guitar Hero). Les pubs papier et l’affichage dans la rue s’attardent plus sur des jeux gamers (GTA, Operation Flashpoint, Prince of Persia, DIRT 2) mais néanmoins, ces jeux ne semblent pas avoir de problème à se vendre, même sans pub. Et comme dans toute industrie, ce sont les grosses marques, qui n’ont plus besoin d’être sur le devant de la scène, qui ont les moyens de le faire, noyant les plus petites productions.

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