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Ubisoft c’est avant tout une histoire de famille, l’histoire de cinq frères soudés. Déjà à l’époque, ils travaillaient ensemble aux tâches de la ferme familiale : manutention, livraison et comptabilité. Mais pas question d’abandonner pour autant leurs études. En effet, les frères Guillemot sont passés par de hautes études de commerce comme l’EDHEC ou bien encore EBS (European Business School) pour ne citer qu’elles. C’est peut être d’ailleurs leurs compétences et leurs connaissances des marchés, qui lorsque l’entreprise familiale va battre de l’aile, vont les décider à transformer leur magasin de produits agricoles en magasin d’informatique.
Leur matériel et logiciels étaient destinés à l’origine à être vendus aux agriculteurs, mais les cinq frères en viennent rapidement à investir dans le jeu vidéo. Encore méconnu, c’est un secteur tout nouveau dans lequel se lancent les Guillemot. Ils créent en 1986 Ubisoft Entertainement.
Le nom de l’entreprise est la contraction des mots ubiquité et soft (software, logiciel), et on imagine déjà l’ambition qu’avait la famille quant à la prospérité de l’entreprise. Leur but : s’implanter partout, être présent dans tous les domaines. Au départ à vocation de distribution, Ubisoft s’oriente bien vite vers la création de jeux vidéo. Ceci illustre bien la volonté permanente des Guillemot à innover et à investir dans ce qu’ils pensent être viable… En effet la distribution étant rentable pour eux, ils auraient pu en rester à cela. Mais bien vite ils passeront à la création de jeux : leur premier jeu se nommera Zombi (1986), inspiré de l’univers de George A. Romero. Ce jeu sera développé en 6 mois avec quatre personnes. Premier essai concluant des frères Guillemot dans cette industrie, ils vont vite recruter de jeunes diplômés pour créer des dizaines de jeux pour le compte de la société Epic.
Anecdote amusante : confrontée à une industrie naissante et avec de jeunes recrues n’ayant aucune expérience de l’entreprise, l’organisation aurait apparemment été chaotique : les employés travaillant la nuit et dormant le jour ! Amusant de constater qu’une société d’envergure mondiale a commencé un peu de la même manière qu’une bande de potes bossant la nuit sur un projet qui les passionnent…
Mais rapidement l’entreprise se structure, les frères allant même jusqu’à louer un château en Bretagne pour regrouper l’ensemble de leurs forces créatives.
Dès 1992, le pôle Recherche et Développement se structure de façon plus efficace et permet l’extension des sites de production d’Ubisoft.
En 1994, Ubisoft fait confiance à un jeune graphiste alors inconnu : Michel Ancel ! Sous sa plume naîtra Rayman, véritable tabac vidéoludique, Rayman passera vite à la postérité en devenant l’égérie d’Ubisoft. Sorti en 1995 sur Playstation, Rayman offre une vraie alternative aux mascottes japonaises bien connues alors. Fluide, drôle et travaillé, Rayman devient immédiatement une référence vidéoludique, propulsant Michel Ancel au rang de mythe du jeu vidéo, tout en permettant aux cinq frères de s’appuyer sur des références faisant d’Ubisoft une valeur sûre de l’industrie vidéoludique.
Michel Ancel, après plusieurs suites de Rayman, développa à Montpellier l’excellent Beyond Good and Evil, qui a fait de l’œil au réalisateur Peter Jackson, l’amenant à choisir Michel Ancel et son équipe française pour l’adaptation de qualité de son film King Kong. Dans tous les cas, Michel Ancel reste fidèle à Ubisoft, et apporte au studio de Montpellier une notoriété reconnue mondialement.
Dès 1997, Ubisoft se délocalise au Québec, séduit par les avantages fiscaux, mais aussi dans une optique de mondialisation, les Guillemot font de ce studio leur fer de lance de la création de jeux AAA (n’oublions pas que ce studio est à l’origine de la saga Splinter Cell (aaaahhh « le poissonier » on t’aimeeeeeeeeuuu !!!!! Vivement que je « infiltrate the mansion » comme à l’E3 2009), Prince of Persia et Assassin’s Creed pour ne citer que ces jeux).
Le Québec deviendra vite un bassin de création vidéoludique d’envergure et c’est à croire que cela faisait déjà parti du plan des Guillemot. En délocalisant au Québec, ils renforcent leur volonté de s’internationaliser de façon efficace. Ubisoft et sa direction s’inscrivent là encore comme des précurseurs, s’associant rapidement avec des centres de formations et des écoles spécialisées dans la création numérique ouvrant leur propre campus de formation en 2005 à Montréal et plus tard en 2008 à Casablanca.
Cette longue histoire d’amour avec le Québec n’est pas prête de s’arrêter : on notera, entre autre, la nomination de la charmante Jade Raymond à la tête de son studio de Toronto.
Et bien que le Québec abrite l’un des principaux pôles de création d’Ubisoft (ils ambitionnent d’atteindre le chiffre honorable de plus de 3000 employés d’ici 2013), la société s’articule autour de nombreux studios de création talentueux et dispersés dans le monde entier.
Ainsi, citons parmi les plus gros studios ceux de Shangaï (Endwar, Splinter Cell : Double Agent, …), de Montpellier (Beyond Good and Evil, King Kong, Les lapins crétins, …), de Montréal (Assassin’s Creed 2, Far Cry 2, Naruto : the broken bond, Splinter Cell : Conviction, …), de Paris (Red Steel, Ghost Recon : Advanced warfighter, XIII, …), et puis les plus petits comme Sofia, Bucarest, Milan, Kiev, Casablanca, Barcelone, Annecy, Québec, Toronto, Singapour, Sao Paulo. Ouf. Avec autant de studios, on comprend pourquoi Ubi est devenu l’un des éditeurs incontournables du moment !
L’activité d’Ubisoft ne se limite pas à la création de jeux vidéo : distribuer, mais aussi créer un véritable univers marketing autour de leurs licences fait aussi partie du plan de développement de la marque.
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romero ! love :D